Homélie du 2ème Dimanche de Pâques

Ce 2ème dimanche de Pâques est un jour étrange : bien sûr, il y a une semaine, nous avons célébré magnifiquement la fête de Pâques. La fête de la Résurrection de notre bien-aimé Seigneur Jésus Christ, après avoir vécu intensément sa Passion et sa mort sur la Croix.
Et ce dimanche, aujourd’hui, est le Dimanche de la Divine Miséricorde. Mais entre-temps s’est passé un évènement : la mort du Pape François. Ne convient-il pas de faire le lien entre ces évènements ?
Le jour de Pâques, le Pape François, dans sa dernière homélie qu’il n’a pas eu la force de lire lui-même, nous a tous invités à courir. Comme a couru Marie-Madeleine après sa découverte du tombeau vide, comme ont couru Pierre et Jean vers la tombe ouverte. « La course de Marie-Madeleine, de Pierre et de Jean, nous dit le pape, exprime le désir, l’élan du cœur, l’attitude intérieure de ceux qui partent à la recherche de Jésus. En effet, il est ressuscité et n’est donc plus dans le tombeau. Il faut le chercher ailleurs. »
N’avez-vous pas l’impression que cette phrase du Pape François résume bien sa vie ? Un infatigable coureur qui nous entraîne dans sa course. Un chercheur de Dieu, un véritable disciple qui nous invite à la Joie de l’Evangile.
Lors de ses obsèques, hier, sur son cercueil, était seul déposé un grand évangéliaire dont les pages volaient aux souffles du vent à moins que ce ne soit le souffle de l’Esprit-Saint !
Tout François est là. Lundi, il s’est endormi dans le Seigneur. Ne peut- on penser que, lorsqu’il est arrivé devant Dieu, François a crié dans une immense joie et dans la plus grande adoration comme Thomas :
« Mon Seigneur et mon Dieu. » Et qu’il s’est jeté dans les bras de sa miséricorde. Jésus, le Pasteur des brebis, a accueilli dans une longue étreinte ce bon pasteur qu’a été François. Berger du troupeau qui donne sa vie pour ses brebis.
Nombreux ont été les loups qui se sont attaqués à la bergerie. Nous vivons dans un monde dur où les guerres se multiplient avec leur immense lot de souffrances et, jusque dans la Veillée Pascale, à la veille de sa mort, François a appelé à la paix. L’argent règne en maître, et sans cesse François a appelé au secours des pauvres et des petits, d’un bout à l’autre de la vie à protéger, à respecter et à servir. Notre Eglise elle-même se bat avec le mal du pouvoir : cléricalisme, pouvoir sur les âmes ; abus de toutes sortes et François a pris le problème à bras le corps pour venir au secours des victimes et venir en aide aux agresseurs.
« Le Christ est ressuscité ! Cette annonce renferme tout le sens de notre existence, qui n’est pas faite pour la mort mais pour la vie. Pâques est la fête de la vie ! Dieu nous a créés pour la vie et veut que l’humanité ressuscite ! A ses yeux chaque vie est précieuse ! Celle de l’enfant dans le ventre de sa mère, comme celle de la personne âgée ou malade, considérées dans un nombre croissant de pays comme des personnes à rejeter. »
L’appel à la vie, l’appel au respect de l’homme, sans cesse François l’a rappelé et à lutté pour qu’il soit entendu.
Maintenant, à nous de prier pour appeler l’Esprit-Saint sur les cardinaux qui ont à discerner quel est celui qui devra succéder à François ; quel est celui que Dieu veut pour l’Eglise et pour le monde d’aujourd’hui. Dans sa miséricorde infinie, que Dieu les éclaire et, par eux, qu’Il nous donne un pasteur selon son cœur.
A celui qui sera choisi, que le Père des Miséricordes donne la force de dire Oui et de porter la charge d’être un véritable guide spirituel pour notre temps.
Aujourd’hui, en ce dimanche de la divine miséricorde, nous pouvons reprendre des expressions du Pape François : « La miséricorde, c’est l’attitude divine qui consiste à ouvrir les bras. Combien je désire que les années à venir soient comme imprégnées de miséricorde pour aller à la rencontre de chacun en lui offrant la bonté et la tendresse de Dieu. »
L’Eglise doit être un hôpital de campagne témoignant de cette miséricorde du Père, sans laxisme ni rigorisme, à une humanité qui porte de profondes blessures.
Prions pour que le prochain Pape soit un Pasteur selon le Cœur de Dieu
qui ne craigne pas d’aller jusqu’aux périphéries de notre humanité pour annoncer la Bonne Nouvelle : « Christ est ressuscité. Ma joie ! »